Pourquoi monter depuis Kotor
Depuis le quai de la vieille ville de Kotor, le Lovćen ressemble à un mur de calcaire gris s’élevant droit au-dessus des Bouches de Kotor. On imagine difficilement une route là-haut, et encore moins une route avec une vingtaine-cinq de lacets empilés les uns sur les autres. Cette route existe pourtant, elle se parcourt en voiture normale, et c’est l’un des trajets les plus spectaculaires sur de courtes distances de toute la côte monténégrine — non pas à cause d’un monument précis, mais parce que la baie ne cesse de réapparaître en contrebas, plus petite et plus large à chaque fois, jusqu’à ressembler à une carte plutôt qu’à un lieu où l’on se tenait une heure plus tôt.
Le parc national du Lovćen couvre lui-même un tronçon du massif du Lovćen entre Kotor et Cetinje : forêt de hêtres et de pins noirs, crêtes karstiques dénudées, quelques huttes de berger en pierre (katun) éparpillées, et un réseau routier construit pour une capitale du XIXe siècle qui n’en joue plus le rôle aujourd’hui.
La plupart des visiteurs viennent pour deux choses — les points de vue de la vieille route et le mausolée au sommet — mais le mausolée est devenu l’attraction phare, tandis que la route et le parc qui l’entoure sont traités comme un simple moyen d’y parvenir. C’est une erreur. Accordez 45 minutes à la route elle-même sans vous presser, et c’est la plus belle route panoramique à moins d’une heure de Kotor, à tout point de vue.
Cette page couvre le parc et la route historique montant depuis Kotor. Pour des détails sur le mausolée au sommet — horaires d’ouverture, les 461 marches à l’intérieur, ce que Njegoš a réellement fait construire et pourquoi — consultez son guide dédié.
La vieille route de Njeguši : à quoi ressemblent vraiment les 25 lacets
La route sort de Kotor derrière la vieille ville, passe par Škurda, et commence à zigzaguer presque immédiatement. Elle fut construite sous l’administration austro-hongroise à la fin du XIXe siècle comme principal lien entre la garnison côtière de Kotor et Cetinje, alors siège du gouvernement royal monténégrin — une route pensée pour la circulation hippomobile et les mouvements de troupes, non pour les voitures modernes, ce qui explique le rayon serré de nombreux virages.
Habitants et descriptifs d’itinéraires estiment le nombre de lacets à une vingtaine-cinq dans la section la plus raide, avec un dénivelé d’environ 900 mètres sur quelques kilomètres de distance horizontale. La chaussée est aujourd’hui goudronnée sur la majeure partie du trajet, mais étroite — souvent une seule voie confortable avec des espaces pour se croiser plutôt que deux voies marquées — avec des glissières basses ou absentes sur le bord extérieur de plusieurs virages. Rien de tout cela ne rend la route dangereuse à vitesse raisonnable, mais cela signifie que ce n’est pas une route où consulter son téléphone, doubler, ou photographier la baie d’une main. Arrêtez-vous plutôt dans l’un des petits emplacements aménagés le long du trajet.
Ce qui rend la montée si intéressante, c’est la répétition : à chaque virage, la baie se réorganise en contrebas. En bas, on distingue les toits de Kotor et la marina, assez proches pour reconnaître les bateaux un par un. À mi-hauteur, toute la baie intérieure se dévoile — Kotor, Dobrota, Prčanj, Perast et les deux îlots au large de Perast, tous visibles en même temps. Près du sommet, avant que la route ne bascule sur le plateau boisé du parc, la baie se réduit à une forme argentée contre les montagnes, et l’on perçoit enfin comment tout ce système d’anses se replie sur lui-même — chose difficile à saisir depuis le niveau de la mer.
Bien conduire sur cette route
| Situation | Conseil |
|---|---|
| Conducteurs novices, mal à l’aise avec le vide | Envisager un tour privé ou un taxi plutôt que de conduire soi-même |
| Grand SUV, van ou camping-car | Prendre la route moderne par Cetinje ; le croisement y est difficile |
| Temps pluvieux | Ralentir ; l’asphalte devient glissant dans les virages serrés |
| Brouillard | À éviter — la visibilité chute à quelques mètres dans les virages sans visibilité |
| Nuit | À éviter — pas d’éclairage et peu de marquages réfléchissants |
| Vélo | Faisable pour des cyclistes routiers confirmés ; trafic léger en dehors des week-ends d’été |
La route n’est à sens unique dans aucune direction — la circulation se fait dans les deux sens sur la même chaussée étroite — donc vous croiserez des voitures descendantes en montant, généralement dans les virages plutôt que sur les lignes droites. Ralentissez tôt, et attendez-vous à croiser des habitants qui conduisent plus vite que vous ne le souhaiteriez ; c’est ici encore le trajet quotidien de certains entre Kotor et Njeguši.
Ce que protège réellement le parc national
Le Lovćen a été déclaré parc national en 1952, l’une des plus anciennes zones protégées du Monténégro, couvrant un tronçon du massif du Lovćen situé au point de rencontre entre le climat méditerranéen du littoral et le climat continental plus rude de l’intérieur des terres. Cette collision explique pourquoi la végétation change si vite à mesure que l’on monte : les broussailles méditerranéennes et les vignes près de Kotor cèdent la place à une forêt de hêtres et de pins noirs en quelques kilomètres, tandis que les crêtes calcaires dénudées près du sommet n’abritent presque plus que des plantes alpines rases et le vent.
Le terrain est un karst typique — dolines, murets de pierre sèche, aucune eau de surface visible sur de longs tronçons, et un paysage pâturé par des bergers depuis des siècles à l’aide de huttes de pierre saisonnières. Vous croiserez sur le plateau plusieurs de ces structures katun, certaines restaurées, d’autres en ruine, rappel que ces terres furent longtemps un espace pastoral actif bien avant de devenir une limite de parc sur une carte. Loups, chamois et divers rapaces fréquentent les versants les moins visités du parc, même si les observations depuis la route restent rares — pour la plupart des visiteurs, l’expérience faunistique se limite aux chats qui se prélassent devant les étals routiers de Njeguši.
Le plateau du parc — le tronçon plus plat de route et de pâturages entre le haut des lacets et le pied de la route d’accès au sommet — est l’endroit où la plupart des visiteurs non-randonneurs passent leur temps : quelques points de vue, la guérite d’entrée, une poignée de petits restaurants, et l’embranchement vers le village de Njeguši. Pour les randonneurs qui souhaitent s’aventurer plus loin sur les sentiers balisés du parc, notamment ceux menant vers la crête, consultez le guide de randonnée du parc national — cette page se limite à ce que l’on voit depuis la route et le plateau.
Où s’arrêter : les meilleurs points de vue en montant
Inutile de planifier des points d’arrêt précis — des emplacements apparaissent naturellement aux virages les plus larges — mais quelques sections se démarquent :
- Lacets du bas (virages environ 1 à 8) : la vieille ville de Kotor et la marina dominent la vue, assez proches pour distinguer les deux tours de la cathédrale.
- Mi-parcours (aux environs de la moitié) : toute la baie intérieure se dévoile, avec Perast, les deux îlots, Notre-Dame-du-Rocher et l’îlot naturel de Sveti Đorđe.
- Lacets du haut, juste avant la limite du parc : la dernière vue dégagée avant que la route ne bascule à l’intérieur des terres, en forêt — un arrêt qui vaut le coup car, de là, la forme complète de la baie, un ria plutôt qu’une simple anse, se lit enfin comme un système cohérent.
- Le point de vue du plateau, près de la guérite d’entrée du parc : un emplacement plus large avec de la place pour se garer correctement plutôt que de s’équilibrer dans un virage, généralement là où s’arrêtent les minibus de tour.
Aucun de ces arrêts n’est signalé officiellement comme le serait un parc national d’Europe occidentale — on cherche un accotement suffisamment large et une trouée dans le trafic, pas un parking avec un panneau. Tôt le matin, avant 9 h, offre la lumière la plus claire et le moins de circulation ; la brume de midi en juillet et août peut considérablement atténuer la vue.
Le village de Njeguši et ce qu’on peut y faire
La route s’aplanit sur le plateau à Njeguši, un semis de maisons en pierre qui produit depuis des générations le jambon fumé et le fromage les plus réputés du pays. Ce n’est pas un arrêt touristique fabriqué de toutes pièces — c’est un vrai village de montagne, qui se trouve être sur l’unique route entre Kotor et Cetinje, et qui a bâti autour du passage des voyageurs une petite économie alimentaire honnête.
Étals routiers et petits restaurants vendent le pršut de Njeguši (jambon séché à l’air de montagne plutôt que fumé) aux côtés du sir de Njeguši, un fromage de montagne ferme et salé, souvent servis ensemble sur une planche de bois avec des olives et du pain.
Une planche de dégustation pour deux revient généralement entre 10 et 20 € selon l’endroit ; les restaurants proposant un repas complet d’agneau ou de veau ispod sača (cuit sous une cloche de métal enfouie dans les braises) coûtent plus cher et nécessitent généralement une commande à l’avance, ou au moins tôt dans la journée, car le plat demande plusieurs heures de cuisson. Pour tout savoir sur les producteurs, les dégustations et l’étiquette, consultez le guide du village de Njeguši et le guide dédié au pršut et au fromage.
Njeguši est aussi le lieu de naissance de la dynastie des Petrović-Njegoš, et la modeste maison familiale associée à ce lignage se trouve dans le village — un bâtiment de pierre sobre, non un grand palais, en accord avec le cadre montagnard.
Droits d’entrée et détails pratiques
Le parc national du Lovćen est payant, avec un droit perçu à une guérite sur la route, une fois à l’intérieur des limites du parc — distinct du billet pour le mausolée du sommet plus haut, qui a son propre tarif détaillé sur sa page dédiée. Le tarif du parc est modeste, généralement quelques euros par personne ou par véhicule selon la façon dont il est structuré cette saison-là, et la guérite fonctionne en général uniquement en espèces, donc gardez des petites coupures en euros sur vous.
| Poste | Coût approximatif |
|---|---|
| Entrée du parc | Quelques euros par personne ou par véhicule |
| Carburant, aller-retour Kotor–Lovćen–Kotor | 5–8 € pour une petite voiture |
| Planche de dégustation pour deux à Njeguši | 10–20 € |
| Repas complet assis (ispod sača, commande à l’avance nécessaire) | 25–40 € pour deux |
| Chauffeur ou tour privé, demi-journée | Variable selon l’opérateur et la taille du groupe |
Toilettes et options de restauration se raréfient rapidement une fois passé le plateau, donc organisez-vous autour de Njeguši plutôt que de compter sur des équipements plus loin dans le parc. Le réseau mobile est irrégulier dans les lacets du bas et s’améliore sur le plateau. Il n’y a pas de station-service sur la montagne elle-même — faites le plein à Kotor avant de commencer la montée.
Bateau, voiture ou tour privé : comment visiter
C’est une excursion en voiture, pas une sortie en bateau, mais il vaut la peine de clarifier les options puisque l’économie touristique de Kotor repose si fortement sur les bateaux et les tours de groupe :
- En voiture soi-même : l’option la plus flexible et la seule permettant de contrôler ses propres arrêts dans les lacets. Nécessite une voiture de location (voir le guide de location de voiture) et de l’aisance sur des routes de montagne étroites. Le stationnement à Kotor même avant de partir est limité — le guide du stationnement indique où laisser une voiture si vous logez dans la vieille ville.
- Tour privé avec chauffeur : enlève le stress de conduire soi-même dans les lacets, et inclut généralement des commentaires sur l’histoire de la route et des arrêts programmés pour la meilleure lumière. Un tour de type tour privé de randonnée au Lovćen, comme une
excursion de randonnée privée jusqu’au Lovćen
, combine généralement la montée avec une courte marche sur le plateau ou la crête, plutôt qu’un simple arrêt photo.
- Tour combiné à Njeguši : plusieurs opérateurs associent la montée à un arrêt au village, et une
visite guidée du village avec dégustation de pršut et de fromage chez l’habitant
est une manière raisonnable de vivre l’expérience gastronomique sans avoir à deviner quel étal routier vaut le détour.
- Tour en minibus de groupe : moins cher par personne et courant en haute saison, associant généralement le Lovćen à Cetinje ou Njeguši sur une même journée. Un
tour plus large du Lovćen et de la montagne de Njeguši
couvre la route, le village et un arrêt point de vue en une seule demi-journée.
- Transfert privé simple : si vous ne voulez que la route et le sommet, sans arrêt au village ni composante randonnée, un simple
tour privé vers le Lovćen
est l’option la plus légère.
Aucune de ces options ne nécessite de réserver des semaines à l’avance en dehors de juillet et août ; un jour ou deux de préavis suffisent généralement, même si les week-ends d’été font se remplir plus vite les créneaux des chauffeurs privés que ceux en semaine.
Où cela s’inscrit dans un itinéraire autour des Bouches de Kotor
Le Lovćen fonctionne mieux en boucle d’une demi-journée plutôt qu’en journée complète, à moins de le combiner avec Cetinje, qui se trouve à seulement 15–20 minutes de plus sur la route moderne au-delà du parc. Un schéma courant : quitter Kotor en milieu de matinée, une fois que la foule des croisiéristes a envahi la vieille ville, monter par la vieille route, s’arrêter déjeuner à Njeguši, continuer vers Cetinje pour l’après-midi, puis rentrer à Kotor par la route moderne plus rapide plutôt que de reprendre les lacets à la tombée de la nuit. Cette version de la journée est détaillée dans le guide de l’excursion à Cetinje.
Si vous organisez un séjour plus long autour de Kotor, le Lovćen s’intègre naturellement dans un itinéraire de deux jours à Kotor comme pendant terrestre à une première journée axée sur la côte ou le bateau, et c’est l’une des étapes classiques d’un grand tour des parcs nationaux qui inclut aussi le Durmitor et Biogradska Gora plus au nord. Quel que soit le rythme choisi, visez la période de fin mai à début octobre — en dehors de cette fenêtre, la route reste praticable, mais les restaurants et étals du plateau se raréfient considérablement, et la neige ferme parfois les lacets du haut.
FAQ sur la route du Lovćen et le parc national depuis Kotor
Combien de lacets compte la vieille route de Njeguši ?
Environ 25, construits sous l’administration austro-hongroise à la fin du XIXe siècle pour relier Kotor à Cetinje, alors capitale du Monténégro. Le nombre exact dépend de la façon dont on définit un lacet, mais habitants et cartes s’accordent sur une vingtaine-cinq de virages en épingle dans la section la plus raide au-dessus de Kotor.
Peut-on emprunter la vieille route avec une voiture de location ?
Oui, la plupart des voitures de location s’en sortent bien, mais la route est étroite, avec peu de glissières et aucun éclairage. Évitez-la de nuit, par brouillard ou avec un grand SUV ou un camping-car — croiser un véhicule dans les virages les plus serrés peut obliger à reculer jusqu’à un endroit plus large.
Le parc national du Lovćen est-il payant ?
Oui, un petit droit d’entrée par personne ou par véhicule est perçu à une guérite sur la route, à l’intérieur des limites du parc, distinct du billet pour le mausolée de Njegoš plus haut. Les tarifs sont modestes, quelques euros en général, et le paiement se fait généralement en espèces uniquement.
Combien de temps faut-il pour rejoindre le Lovćen depuis Kotor ?
Environ 45 à 60 minutes par la vieille route de Njeguši, parcourue lentement à cause des lacets. L’itinéraire moderne par Cetinje est plus court en distance mais plus long au global, et fait entièrement l’impasse sur les vues des virages en épingle.
La vieille route est-elle ouverte en hiver ?
Elle reste officiellement ouverte, mais peut être verglacée ou enneigée entre novembre et mars, surtout dans les lacets les plus hauts et les plus ombragés près de l’entrée du parc. Les habitants préfèrent souvent la route de Cetinje en hiver ; vérifiez les conditions avant de vous engager sur la vieille route en dehors des mois les plus chauds.
Faut-il voir le mausolée de Njegoš pour apprécier le Lovćen ?
Non. Le mausolée se trouve au point culminant du parc et constitue un ajout intéressant, mais le parc et la montée en elle-même forment une expérience complète à part entière — forêt, paysages karstiques et vues des lacets sont l’attrait principal pour beaucoup de visiteurs qui se passent de la dernière montée jusqu’au sommet.
La route convient-elle aux cyclistes ?
Des cyclistes expérimentés la parcourent, mais c’est une ascension sérieuse d’environ 900 mètres de dénivelé, avec des bas-côtés étroits et des virages sans visibilité, réservée donc aux cyclistes routiers confirmés plutôt qu’aux amateurs occasionnels. Le trafic est faible en dehors des week-ends de pointe estivaux, ce qui aide.


